Mon nouveau roman – Le scarabée bleu aux éditions Eyrolles

Souvent on me demande comment je fais pour trouver le temps de tout faire, entre avoir un job (passionnant en prime) et une famille – ce qui n’a rien de bien original pour les femmes habituées à mener tout de front – et trouver le temps d’écrire. Et bien je n’ai qu’une seule réponse : ce n’est pas un choix, c’est un besoin.
Comme celui qui prend son pinceau, ou qui se met à jouer des notes au piano, dans le tourbillon de la vie il trouvera toujours un moment à mettre entre parenthèse parce que pour cette personne, c’est une priorité. C’est la même chose pour moi.
Parce qu’écrire est une des activités qui me donne la sensation d’être vivante comme jamais. Quand je m’y consacre totalement, je rentre dans une bulle, le temps s’arrête, toutes mes pensées évaporées, dispersées, se rassemblent comme par magie. Je me sens unie, alignée. Je reprends les mille notes que j’ai jetées sur un coin de table, un carnet, dans mon agenda au gré de ce qui m’est passé par la tête dans la journée ou la semaine, et tel un artisan, je vois ce que je peux en faire. Sans trop réfléchir (sinon la pensée peut tourner en boucle et diluer les mots), je me lance. C’est ensuite que je prends du recul pour voir le résultat, le travailler et le peaufiner encore et encore.
Ces derniers mois, je mettais mon réveil à 6H du matin et jamais je n’aurais cru possible de me lever à cette heure-ci. Mais à l’aube, avant de rejoindre mon travail, j’avais rendez-vous avec Anicha, la protagoniste du roman. Et ce qui se passa m’étonna un peu plus à chaque fois : alors que j’imaginais une histoire se déroulant en Egypte, chaque mot me ramenait au Maroc, là où je suis née et ai vécu jusqu’à mes six ans. Pas moyen de faire autrement. Les ambiances de ma terre natale remontaient à la surface malgré moi. Alors j’ai laissé faire, j’ai accepté et j’ai plongé à l’intérieur des profondeurs de mon inconscient, j’ai lâché mes peurs et j’ai laissé remonter à la surface ce que je ne soupçonnais pas : des perceptions, des images diaprées, de grands espaces, des balades à dos de mulets, des plaines fertiles, l’agitation de la ville, de ses souks, le tout emmagasiné à mon insu, alors que, petite fille, je vivais ce monde intensément en moi.
Petit-à-petit, chacun des personnages a pris un peu de moi ou des personnes qui m’entourent (je ne m’en rends compte que maintenant avec le recul). Et les chapitres se sont composés comme un puzzle qui a fait ressortir ce qui me tient à coeur, mes valeurs. Où je parle de façon détournée de l’importance de la persévérance, de la résilience, de la puissance du groupe car seul on ne va pas bien loin, de l’importance du sacré aussi.
Depuis que ce premier livre est fini, une forme d’apaisement s’est invitée en moi. J’ai délivré mon message intérieur. Je montre ce que je cachais depuis tant de mois, cette vie parallèle dont je ne parlais pas. Le scarabée bleu peut s’envoler.
Quand on goûte à à la créativité, on veut y retourner et s’en abreuver encore et encore. Parce que qu’elle fait partie intégrante de notre humanité et qu’il est important de la nourrir, sous quelque forme que ce soit.
Maintenant je peux témoigner : plus que la lecture, l’écriture délivre, surprend, apaise.
Et quand on montre sa vérité, il n’y a rien à craindre, il y a juste à profiter de ce que cela provoque : un sentiment d’unité avec soi, les autres et le monde.